Le rugby à XIII

Au XIXe siècle, en Angleterre, peu après la codification du rugby à XV en tant que sport amateur, des divergences entre joueurs du nord, issus de la classe ouvrière, et joueurs du sud, issus de la bourgeoisie, provoquent une scission ; les premiers étant partisans d'un professionnalisme et les seconds d'un amateurisme strict. En 1922, la Rugby Football League (Fédération de rugby à XIII) est créée.
Longtemps appelé jeu à 13, le rugby à XIII est arrivé en France en 1934 par l'intermédiaire de Jean Gallia qui, de retour d'une tournée en Angleterre, fonde un premier club à Villeneuve sur Lot. En 1940, le gouvernement de Vichy dissout la Ligue française de rugby à XIII, et confisque ses biens ainsi que ses archives. Commence alors la tristement célèbre " cure de silence " ...
Il faut attendre 1947 pour que le Jeu à 13 refasse son apparition en France. En 1985, suite à un conflit avec la Fédération française de rugby, la Fédération française de rugby à XIII voit le jour.
La différence entre le rugby à XIII et le rugby à XV ne se limite pas seulement au nombre de joueurs. Il s'agit de deux sports bien distincts. Le rugby à XIII se caractérise par un jeu plus rapide où la touche n'existe pas et où la mêlée ne sert qu'à redémarrer le jeu lors d'un changement de possession de balle.
Dans l'Hérault, le Treize apparaît tout d'abord en pays biterrois où le SO Béziers participe au premier championnat organisé par Jean Gallia en 1934. Mais le club ne dure pas et hormis un court passage treiziste de l'ASB de 1946 à 1950, le rugby à XIII ne prend pas racine à Béziers.
Côté montpelliérain, le rugby à XIII est pratiqué depuis 1953 au sein de l'Union Sportive Montpelliéraine XIII. Pendant dix ans, ce club est d'ailleurs le seul représentant du ballon ovale à Montpellier. Il attire un public de plus en plus nombreux et offre d'excellents résultats. En 1957, l'USM devenue Montpellier XIII accède à la division nationale (première division professionnelle).
De 1959 à 1965, l'équipe de réserve du Montpellier XIII, laissée de côté par les dirigeants du club, fonde un club autonome : le Figuerolles Olympique Montpellier Université Club (FOMUC) qui connaît quelques bons résultats, dont un titre de Champion de France 3e Division en 1963 contre Saint-Gaudens (1er titre de Champion de France des montpelliérains).
A la fin des années 60, plusieurs écoles de rugby à XIII se créent à La Paillade, à Castelnau, à Palavas, à Castries et à l'Aiguelongue. En 1973, un comité de jeu à XIII Hérault-Gard est constitué. Pendant la période 1971-1981, les joueurs héraultais des différents centres de formation commencent à faire parler d'eux. Les cadets de Montpellier disputent la finale nationale en 1971. Puis en 1973, Castelnau remporte le titre de Champion de France cadet. En 1976, c'est l'entente Montpellier-Castelnau qui devient championne de France Junior tandis que La Paillade devient Champion de France de Division de fédérale. Au printemps 1979, Montpellier XIII décroche la Coupe de France de nationale 2 et se maintient dans cette division pendant quatre ans.
Mais les années 80 marquent le début d'une période noire pour les treizistes qui, sans stade et menacés de disparition, renoncent à la compétition. Pourtant, les efforts ne manquent pas : l'équipe de La Paillade continue la compétition en division nationale 3, et une section féminine prometteuse est créée au début des années 90, sous la houlette d'André Sénégas.
La création de la Rugby League Montpellier XIII, dans la deuxième moitié des années 90, apporte un vent nouveau sur le siège de La Paillade, et à partir de 1999, les résultats sont au rendez-vous. En 2000 et 2001, le club est sacré champion en nationale B.
Actuellement les Diables rouges montpelliérains évoluent en Elite 2. En compagnie de leurs nouveaux partenaires élus, quinzistes et sponsors, ils ont l'ambition de retrouver rapidement le championnat Elite 1.
Le mot de la fin pour Jean Malarthe qui, à l'origine du rugby à XIII sur Montpellier, reste à 84 ans son plus fervent supporter.
Le rugby au féminin

Les premières équipes de rugby féminin apparaissent en France en 1965, créées par des jeunes lycéennes ou universitaires pour la plupart, désireuses de contribuer efficacement à la vaste campagne contre " la faim dans le monde ".
Suite à cela, quelques équipes s'organisent et à la demande de ces nouveaux clubs, l'Association Française de Rugby Féminin (AFRF) est créée en 1970. Après des années de contacts réguliers avec la FFR, l'AFRF devient, en 1984, la Fédération Française de Rugby Féminin.
Depuis, la pratique du rugby féminin s'est beaucoup développée en France où l'on compte aujourd'hui plus de 5800 licenciées dans plus de 150 équipes ou clubs. En 2000, le rugby féminin obtenait d'ailleurs (enfin !) le statut de Sport de Haut Niveau.
Dans l'Hérault, le rugby féminin est apparu en deux temps.
A la fin des années 60, on recense deux équipes féminines à Béziers : les Canal's girls et les Kangouroo's. Il faut néanmoins attendre le début des années 80 pour voir se structurer une équipe féminine dans la ville.
La renaissance du rugby féminin dans le département intervient par l'action de deux jeunes femmes : Céline Alexandre pour Montpellier et Wanda Fabjensciek pour Béziers. Toutes deux lassées de devoir aller jusqu'au Barcarès pour jouer au rugby, elles sont à l'initiative de la création d'une équipe féminine dans les deux villes. Ainsi, en 1998, l'ASBH intègre une équipe de joueuses dans son club et l'année d'après, le MRC fait de même grâce au soutien de Thierry Perez, président du club. Entre temps, Céline Alexandre avait réussi à mobiliser autour d'elle un embryon de filles bien décidées à jouer au rugby et qui l'ont suivi à Baillargues en 1997, à Villeneuve lès Maguelone en 1998, et enfin à Montpellier en 1999.
Actuellement, seuls deux clubs d'élite masculine, parmi ceux jouant en Pro D2 ou en Top 14, possèdent une équipe féminine : il s'agit de l'ASBH depuis 1998 et du MHRC depuis 1999. A noter que l'ASBH compte également dans son club une équipe féminine cadette de rugby.
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